Je préférerais ne pas
deux séances de films sur travail et oisiveté

organisées par Eva May et Laura von Niederhäusern
le 27 et 28 mai 2010 à 21 H
au BROOM, Boulevard Saint-Georges 21, Genève
PROGRAMME :
27 mai :
« La sortie de l’usine Lumière à Lyon », frères Lumière, 1895
Montage d’extraits de film sur les conditions de travail contemporaines
« Ici et maintenant », Laura von Niederhäusern, 2008
28 mai :
« Reprise du travail aux usines Wonder », Jacques Willemont, 1968
« Themroc ! », Claude Farraldo, 1973
Les deux séances de projection de films abordent la thématique des structures du travail dans notre société contemporaine. La transformation néo-libérale de ces structures, lors des derniers 30-40 ans, a abouti d'un côté, à la raréfaction des postes d'emploi, et de l'autre, à la transformation structurelle du travail : accélération du rythme de production, flexibilisation, précarisation et effacement de la séparation entre travail et vie privée. Résultat, l'influence de ces phénomènes s'exprime chez beaucoup d'individus à travers le stress, l'anxiété et un fort sentiment d'insécurité.
La première séance proposera une investigation des conséquences de cette évolution sur la manière même dont on parle du travail et dont on interprète son concept, ainsi que de l'influence de cette perception sur nos vécus. Nous commençerons par les deux versions du premier film de l'histoire, réalisés par les frères Lumière, qui est aussi la première manipulation cinématographique de la représentation des ouvriers. Sera ensuite présenté un montage des différentes représentations contemporaines du travail, à la fois dans les films de fiction et les documentaires. Enfin, l'essai filmique « Ici et maintenant », témoignera qu'une situation d’épuisement professionnel (burn-out) peut être une possible occasion de faire une pause dans sa vie professionnelle, afin d’interroger son existence en dehors de toute préoccupation quotidienne du travail.
La deuxième séance portera sur le refus du travail, comme résistance à l’infiltration généralisée du concept du travail, dans la vie entière des individus. Constrastant avec la production des frères Lumières et leurs ouvriers disciplinés, souriants et anonymes, “Reprise du travail aux usines Wonder”, montre en effet une ouvrière en larmes, qui après l'apaisement d’une grève, refuse de rentrer à nouveau dans l’usine. Dans le dernier film, « Themroc », le protagoniste refuse les structures du travail capitaliste, jusqu'à aller dans une négation totale de la société bourgeoise. Il finira par détruire son foyer et le langage pour se transformer en homme des cavernes urbain, dévoué à l’oisiveté.
English version:
The theme of the two film screenings is the structures of work in our contemporary society. The neoliberal development during the last 30-40 years, has meant, on the one hand, a lack of working places, and on the other, an increase in tempo, flexibilisation, precarisation and a blurring of the border between work and private life. The influence of these phenomena is visible in many individuals as stress, fear and insecurity.
The first film screening is an investigation of the consequences of this development on how we talk about work, how the concept is interpreted, and how its perceived meaning has an influence on our life experience. We will begin with two versions of the world’s first film, made by the Lumière brothers, which simultaneously is the first film that manipulates the representation of workers. After that is shown a montage of different representations of work today in both fiction and documentary films. And finally the film essay “Ici et maintenant” shows the situation of a “burn-out” as a possibility for taking a step back from everyday preoccupation with work, in order to interrogate life.
The second film screening is about the refusal to work as a resistance to letting the work concept intrude into all parts of the individual’s life. The first film this evening is a contrast to the disciplined, smiling and anonymous workers in the Lumière-film: it shows a crying factory worker who after a settled strike refuses to cross the threshold and enter the factory again. The last film will be “Themroc,” whose protagonist not only refuses the capitalist work structures, but the society all together, destroying it all the way down to the four walls of the home and the language, and chooses idleness instead.
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